|
LONDRES
Greenwich Millenium Park |
Maîtrise d’ouvrage : English Partnerships, New Millenium Experience Company
Maîtrise d’œuvre associée : Architecte en chef Richard Rogers ; paysagistes associés Bernard Ede et W.S. Atkins Landscape (Alison Braham) ; ingénieurs : W.S. Atkins Consultants Ltd
Surface du terrain : 100 ha
Surface du parc : 19,8 ha. (parc central et promenade sur berges : 6,3 ha., parc sud : 8,8 ha.)
Calendrier : concours, mars-avril 1997 ; travaux, 1998-1999
Coùt : parc central et promenade sur berges, 110 M F |
 |
La péninsule de Greenwich fait 2 km par 500 m.
Le projet s’inscrit dans un site d’errance alluviale, un bras mort de la Tamise. Or, plus rien aujourd’hui n’est déterminé écologiquement. Le projet s’est donc orienté vers la reconstitution d’un milieu vivant spolié depuis presque deux siècles par la présence d’industries polluantes.
Dans un premier temps, un travail sur les matériaux a été privilégié, la forme de l’ossature urbaine étant déjà investie par les architectes du projet. Le dessin comme outil de projet a été écarté. Seules comptent les règles de plantation avec un système végétal résistant aux bouleversements incontrôlables. C’est un projet par défaut, sans hiérarchie par le dessin ou par les espaces.
Une trame systématique, indépendante des limites du plan masse, gère l’ensemble du site. Elle permet de sculpter des sortes de clairières. La même structure arborée couvre la totalité du territoire, sans différenciation typologique, arbre de parc, arbre de jardin ou arbre d’alignement...
Le paysage s’installe en deux temps et en deux strates :
- une structure provisoire pour l’horizon 2000 (socle continu de 12 000 charmes et saules, taillés à 2,50 m pour le niveau bas et à 4,50 m pour le niveau haut )
- une structure pérenne, sollicitation pour un urbanisme futur (arbres sur tige de 6 à 8 m, principalement le long des rues et des voies d’accès).
Au terme d’une quarantaine d’années, la nature revêtira ainsi l’aspect d’une forêt naturelle, qui constituera l’écologie retrouvée de la péninsule.
Cette trame dense permet de créer rapidement un accompagnement paysager à la première phase du projet urbain ; bien que de petite dimension, les arbres constituent tout de suite une forte structure d’espaces. A long terme, une grande partie de cette structure initiale disparaîtra devant une forêt naturelle de plus grande échelle, correspondant à celle des forêts avoisinantes. |
 |
(texte résumé de l’AMC 1999)
La péninsule de Greenwich est un méandre de la Tamise dont le sol était tellement pollué par les installations industrielles qu’il a fallu le décontaminer sur deux mètres de profondeur. Repoussant toute considération de formes, notre travail s’est alors attaché à la matière. Il fallait inventer une texture qui donne des qualités à ce terrain vague; une texture à laquelle on puisse s’adosser mais qui échappe à toute composition pour ne pas rendre définitifs les tracés provisoires liés à l’exposition du Millenium. Nous avons proposé une stratégie d’envahissement par le végétal, la constitution d’une sorte de forêt alluviale. Cette forêt présentera deux états successifs : dans un premier temps, il s’agit d’une strate homogène, très dense, constituée de 12 000 arbres de petit développement – essentiellement des charmes – dans laquelle sont sculptés les espaces nécessaires au Millenium ; plus tard, superposés à ce socle, selon la même grille, des arbres à grand développement – bouleaux, saules, aulnes, chênes… - constitueront le boisement futur des éventuels quartiers d’habitat. Ces boisements matures seront à leur tour sculptés selon les pratiques forestières, en fonction de nécessités urbaines impossibles à anticiper.
|
Milan
Parc du Sieroterapico |
Maître d’ouvrage : Commune de Milan, Secteur de la planification et des projets urbains
Calendrier : 2000 |
 |
Le site s’oriente naturellement entre deux pôles attractifs opposés : une organisation géométrique côté ville, à l’est, et la présence de la nature côté rivière, à l’ouest. Le projet conserve en l’accentuant cette gradation de l’urbain vers le naturel. Cette progression se lit d’est en ouest, avec successivement la promenade plantée, les îlots d’habitations, des jardins composés en salles vertes, une vaste prairie et enfin un parc écologique qui accompagne le cours de la rivière.
Le double alignement de tilleuls existant est conservé tout le long de la Via Giovanni Segantini, et se dédouble de deux alignements d’érables qui protègent les 125 places de parking extérieur. Cet espace planté monumental tient lieu de ramblai qui accueille les visiteurs depuis la ville et leur offre une porte d’accès au parc ; des allées piétonnes sont ménagées entre les îlots. Adossés à la promenade plantée, les îlots sont percés d’une cour plantée qui s’ouvre sur des jardins composés
sud, tout en qualifiant l’entrée de l’Istituto Giorgi et la quartier commercial. Cet îlot s’ouvre sur une place arborée (de 24 magnolias) pouvant accueillir des marchés ou de petites manifestations, et gratifiant ainsi le parc d’une ouverture au sud sur la ville, par une place publique légèrement surélevée en prolongation de la Piazza Belfonti.
La prairie constitue l’espace majeur du parc ; vaste clairière entre les jardins publics et le parc écologique, elle accueille les grands jeux et les pique-niques. Quelques arbres existants sont conservés et ponctuent ce grand vide planté d’une prairie rustique arrosée. Un parc écologique est créé le long de la rivière : les rives restaurées, les arbres sains conservés, et l’important boisement lié au milieu humide planté (saules, peupliers, aulnes…), offre un parcours d’ensemble de dimension pédagogique. La rivière est reliée aux équipements voisins par des passerelles piétonnières.
L’aménagement du parc est conçu de façon progressive, commençant par l’ouverture au public du parc écologique et de la promenade plantée, puis de la prairie ; la bande correspondant aux jardins composés est laissée à l’usage des chantiers de la bande d’îlots d’habitation, avant qu’ils ne soient conçus comme des structures végétales sommaires, puis progressivement équipés de jardins d’enfants, de terrains de jeux, de squares et autres concessions privées à usage public. L’équipement de l’ensemble du parc (mobilier, Èclairage, cheminements secondaires) se fait dans une phase ultime, afin d’éviter un vandalisme prématuré. |

|
|